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La Conciergerie à PARIS
accueille une exposition d'art contemporain

Article écrit par
Danielle Birck extraits du Net : Conciergerie

Assez important :
Les photos insérées sont celles de PhotOpus (les photos originales ont été remplacées par mes soins).

PhotOpus-Fantomes-de-Marie-Antoinette.JPG

Le sort probable de l’homme qui avait avalé le fantôme : sous cet intitulé, le plus ancien palais royal parisien accueille une cinquantaine d’œuvres sur le thème du corps, dans le cadre du nouveau festival du Centre Pompidou. Cette exposition, présentée à la Conciergerie jusqu’au 13 décembre 2009, s’inscrit également dans une volonté du Centre des monuments nationaux d’ouvrir ceux-ci à la création contemporaine dans toutes ses expressions.

« Patrimoine et création », c’était d’ailleurs le thème retenu en 2008 pour les Journées européennes du patrimoine. Cette ouverture des musées et monuments nationaux à la création artistique se concrétise depuis plusieurs années déjà dans des lieux comme le Louvre ou le Panthéon, à Paris, ou le château de Versailles et bien d’autres encore. On se souvient de la polémique qui a accompagné l’an dernier la confrontation des œuvres de Jeff Koons avec le faste du palais de Louis XIV.   Pour Isabelle Lemesle, présidente du Centre des Monuments nationaux, ceux-ci « doivent continuer à être des lieux de rencontre, mais il faut qu’il y ait une cohérence avec le lieu ». Il faut en effet viser juste car si « le public des monuments historiques, en principe, n’aime pas y trouver des expositions », il y a des lieux qui en dépit de leur importance restent mal connus, donc peu visités et des manifestations artistiques peuvent contribuer à les sortir de cette semi confidentialité. 

 

 

Marie-Antoinette et les fantômes
 

PhotOpus-La-Conciergerie

C’est le cas de la Conciergerie, qui avant d’être une prison où fut enfermée notamment Marie Antoinette, fut le premier palais royal des Capétiens, du Xe au XIV e siècle. Lieu historique et imposant s’il en est, mais peu visité, contrairement à la Sainte-Chapelle voisine où se presse une foule de touristes. Il faut dire aussi que l’entrée majestueuse du Palais de justice fait furieusement de l’ombre à celle de la Conciergerie, qu’on ne trouve pas forcément du premier coup. Et là, il est vrai qu’une belle affiche d’exposition déployée sur la façade aide à s’y retrouver.
 
Surtout quand on y voit une cohorte de fantômes au titre énigmatique : Le sort probable de l’homme qui avait avalé le fantôme… Difficile de résister à l’invite mystérieuse. Derrière ce titre et l’exposition qu’on va découvrir se cache non pas un fantôme, mais un être bien réel, Christian Rizzo, artiste pluridisciplinaire par excellence, des arts plastiques à la chorégraphie et à la danse, « avec une problématique liée au corps », souligne Bernard Blistène, directeur artistique du nouveau festival de Pompidou. Pour Christian Rizzo, venir s’inscrire dans ce lieu de mémoire historique pour y faire dialoguer une cinquantaine de pièces d’art contemporain était « un parti pris pas facile à gagner ».

PhotOpus-Expo-conciergerie.JPG

Mais réussi. Les œuvres rassemblées s’inscrivent avec bonheur dans l’écrin monumental – mas pas écrasant - des ogives de la vaste « salle des gens d’armes » de la Conciergerie. A contrario l’exposition n’occupe qu’une partie de l’espace, car « on ne masque pas le lieu, on n’est pas contre le lieu », souligne Isabelle Lemesle. les œuvres sont donc présentées sur un podium sur toute la longueur de la salle, à l’exception de quelques unes, dont la cohorte des fantômes, qui surgit d’une cheminée au fond de la salle – juste en-dessous, parait-il, de la cellule de Marie-Antoinette… Force est de constater l’adéquation entre la thématique du fantôme choisie pour évoquer le corps et l’esprit du lieu. , La procession drôlatique et grimaçante signée du couturier allemand Bernhard Wilhelm et du plasticien suisse Olaf Breuning apparait alors comme une  joyeuse allégorie de l’exposition.
 

Un fil rouge

 
Mais l’idée du fantôme n’est qu’un « fil rouge » pour parcourir les œuvres. « On n’est pas dans la logique du musée, explique Bernard Blistène. On n’impose pas, mais on essaie de construire une narration ». « Un récit ‘troué’, précise Christian Rizzo, à partir du dialogue suscité par les pièces souvent ‘en friction’ entre elles ». A quoi s’ajoute le côté « spectaculaire » de l’exposition, « une clé formelle pour accueillir les visiteurs peu préparés » à trouver un tel ensemble d’œuvres dans ce lieu.

PhotOpus-Expo-conciergerie-01.JPG

Préparé ou pas – et comment le serait-il ? – le visiteur est immédiatement happé par la présence des oeuvres. D’autant que la première qui s’offre à sa vue est le Messia’s Glass, (Messie de verre) de l’artiste israélien Izahr Patkin installé à New York. Une sculpture monumentale de verre soufflé et thermoformé, extrêmement complexe, réalisée avec les souffleurs du Centre international des recherches sur le verre et les Arts plastiques (CIRVA) de Marseille. En contrepoint, deux sculptures en porcelaine et tissu de la Canadienne Shary Boyle, apparaissent comme des miniatures. Dans l’une on reconnait La Bête, qui semble tout droit sortie du film de Jean Cocteau, La Belle et la Bête, lui-même adapté du conte de Madame Le Prince de Beaumont, tandis que l’autre est plus énigmatique, sorte de fantôme féminin dissimulé sous la dentelle... Cette variation d’échelle est un des éléments de cette « tension » voulue par Rizzo pour inscrire les œuvres dans le lieu. 
 
Des œuvres dont certaines ont été créées spécialement pour l’exposition, comme la collection de cock rings en verre créés par Jean-Luc Verna qui a dédié chacun de ces bijoux érotiques à un danseur. Comme aussi l’imposant panneau mural composé de sérigraphies de couples de danseurs réalisées à partir de photos par Valérie Belin.

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Sur le verre qui recouvre le panneau se reflètent quelques œuvres et des fragments d’architecture, ajoutant  à l’aspect statique des figures imposées de la danse de salon dans lesquelles la photo a figé le couple.


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Figée aussi la danseuse de Degas revisitée par l’artiste néerlandais Folkert de Jong. Réalisée en mousses de polystyrène et de Polyuréthane et dégoulinante d’enduits et mousses chimiques, Practice est comme « l’oeuvre avant l’œuvre », suggère Bernard Blistène, celle d’avant le coulage du bronze.
 
Danse encore, avec la vidéo d’un ballet de Merce Cunningham, Scenario, et les costumes de Rei Kawakubo. La styliste japonaise créatrice de la maison « Comme des garçons » avait à cette occasion habillé les danseurs de corps-prothèse, à l’opposé des codes et standards de la danse. Il y a le corps appareillé, mais il y a aussi le corps handicapé ou malhabile que figure le joggeur de Daniel Firman empêtré dans son vêtement qu’il peine à retirer. L’artiste français a réalisé le moule en plâtre d’un jeune homme qu’il a revêtu de ses propres vêtements.
 

PhotOpus-Expo-conciergerie-03.JPG


Il y a aussi le corps hybride, mi-bête mi-homme, toujours dérangeant. Comme l’enfant chien de Maurizio Cattelan dont la tête s’orne d’une insolente mitre en papier. Chacun interprétera le propos de l’artiste italien à sa guise. C’est d’ailleurs ce que souhaite Christian Rizzo qui a puisé le titre de l’exposition dans un recueil de nouvelles du XIXe siècle dont l’initulé est à lui seul tout un programme : « Laissez le choix au lecteur de décider le sort probable de l’homme qui avait avalé le fantôme »…


  * : Ces photos ont été prises avec autorisation donnée à l'entrée de l'exposition.

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