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Traditions de Camargues

 

 

"Li biou ! Li biou ! Trounadisso que passo..."

Adressant des "remontrances" à Monsieur le Ministre de l'Intérieur qui, par une circulaire en date du 4 septembre 1873, venait d'interdire les courses et combats de taureaux de Camargue, Frédéric Mistral leur prêtant sa plume, évoque les belles abrivados que l'on donnait à Arles : "S'avias vist, Moussu lou Menistre ! ...

Si vous aviez vu, Monsieur le Ministre !

Là, parfois, quatre ou cinq cents cavaliers, avec leur trident à l'arçon de la selle, nous venaient chercher dans la plaine palustre.

Puis, quand nous arrivions avec cette noble escorte, on nous lançait au galop sur l'Esplanade de la Lice. Ah ! que cela était joli ! les taureaux, les cavaliers, les gardians et le peuple, tout cela frémissant, ardent, excité ,prenait ensemble l'élan et se bousculait autour des remparts : c'était un tourbillon, une surexcitation, une folie qui faisait plaisir à voir !

Tout le monde avait peur et tous voulaient y être... Tout leu mounde avié pou e touti voulien i' èstre..."

Frédéric Mistral. Proso d'Armana

 

Si bien que de nos jours encore, et plus que jamais, les abrivades et autres jeux taurins s'égrènent, au fil des jours, de ville en village dans ce terroir de Provence et du Languedoc où demeure vive la passion des taureaux, la Fe di Biou, que l'on nomme la Fe, la Foi.


Quelques termes pour mieux comprendre ...

 

ABRIVADO

Le langage, on le sait, obéit volontiers à la loi du moindre effort. Un mot dont la signification est mal perçue peut être aisément remplacé par un autre mot, mieux connu, qui lui ressemble mais qui, évidemment en altère le sens.
C'est ainsi que, de nos jours, on substitue parfois le mot arrivado (ou arribado), en français : arrivée, au terme correct d'abrivado, que l'on francise en abrivade.
La confusion des deux termes, suggérée par leur quasi similitude, se trouve renforcée du fait que le monde rural comme les citadins, en voyant arriver dans leur cité, les taureaux conduits par les gardians au galop, ont perdu la notion que c'est ce galop qui importe et qui constitue, au sens précis, une abrivade, et qu'il ne s'agit point d'une arrivée. C'est au contraire, un passage, un passage en trombe.
Dans son dictionnaire "Lou Tresor dôu Felibrige", Frédéric Mistral traduit abrivadoempencho qui signifie poussée, impulsion, et à vanc : élan.
par élan, escousse, essor, hâte et conseille de se référer à

Il note aussi que l'abrivado est le "préliminaire des grandes courses de taureaux, qui consiste à les lancer à outrance, à leur arrivée dans une ville, escortés d'un escadron de cavaliers, ce que les Espagnols appellent algarada".

 

L'EMBARRAGE, L'ENCIERRO

L'interdiction, généralement respectée de nos jours, de faire courir un taureau à la bourgine a conduit à recourir à un autre jeu taurin : l'embarrage, auquel on a donné le nom d'encierro, mot emprunté à l'espagnol et qui a exactement le même sens que le mot provençal embarrage. C'est l'action d'enfermer. On dit parfois en français "une enfermée". L'encierro consiste en Espagne à conduire à travers la ville les toros d'une corrida pour les enfermer: dans les corrales (les torils) de l'arène. (Encierro signifiant aussi : cachot, prison, et donc le toril). Le but visé, dans le Languedoc et la Provence, est au contraire d'effectuer un lâcher de taureaux dans une rue, une place ou tout un quartier d'une ville ou d'un village précisément délimités afin d'obtenir un espace fermé et clos par des barrières.

Les spectateurs, hors de ces barrières, peuvent dès lors sans grand danger, assister, aux évolutions des taureaux et des jeunes gens qui les affrontent. Les mêmes jeux se pratiquent en fait dans un encierro que lors d'une course à la bourgine, mais il y a plusieurs taureaux dans l'enceinte et ils sont libres de toute attache. Le plus souvent ce sont de jeunes taureaux ou des vachettes dont on a, pour prévenir le risque de graves blessures, emprisonné les cornes d'un étui de cuir. Parfois on se borne à fixer une boule à la pointe des cornes, d'où le nom d'emboulage donné à ce procédé. Bien qu'ainsi emboulés, l'amusement n'est pas sans risque ni périls qui voit les garçons (et de nos jours nombre d'enfants et de jeunes filles), raseter les taureaux, les saisir par les cornes ou par la queue, les relâcher, les entraîner dans la piscine qui depuis quelques années, imaginée par le manadier Emile Bilhau, est souvent installée dans cette enceinte improvisée. Faire choir dans cette grande baignoire, sous le nez de la bête, ses camarades, comble de joie les participants et amuse les spectateurs. Mais, comme c'était le cas avec le taureau à bourgine, dans le feu de la passion la jeunesse passe parfois les bornes... et les barrières, pour faire participer, contre leur gré, spectateurs et paisibles, passants.

 

Sources : http://saintdio.free.fr (Mairie de Saint-Dionisy)

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